Les métiers de l’agriculture, au même titre que les professions médicales, offrent de nombreux débouchés. Se nourrir et se soigner sont en effet, des besoins vitaux !

Mais les contraintes, extrêmement fortes, peuvent décourager les meilleures volontés et remettre en cause des projets mal ficelés.

Atteindre son but… en partant de rien ou presque

Faut-il nécessairement avoir de l’expérience et suivi un cursus dans cette filière, avant de lancer son affaire ? Non !
En France on peut tout à fait s’enregistrer en tant que chef d’exploitation auprès de la MSA, Mutualité Sociale Agricole. L’autre démarche est l’inscription en CFE, ou centre de formalités des entreprises, en d’autres termes la chambre d’agriculture de son lieu de résidence.

Un titre valide se rapportant à l’activité visée, débouchant sur l’obtention d’une capacité professionnelle complète, sera néanmoins indispensable pour toucher certaines aides nationales à l’installation.

Dans cette optique, les diplômes les plus répandus en formation initiale vont du CAPA, certificat d’aptitude au BTSA, brevet de technicien supérieur agricole, en passant par le Bac Pro, sanctionnant 2 ou 3 années d’études selon les cas.
Des centres de formation spécialisés, de même que les syndicats du secteur, proposent régulièrement des stages de perfectionnement et remise à niveau aux amateurs, afin de se familiariser aux évolutions et nouvelles tendances de la branche.

Des mentions complémentaires, en lien direct avec la production envisagée, seront aussi les bienvenues : diplôme national d’œnologue pour un apprenti vigneron (les formations françaises étant, on s’en doute, particulièrement prisées en ce domaine !), docteur vétérinaire concernant le futur éleveur, ingénieur agronome etc.

Marchés porteurs : déterminer sa future activité et degré de rentabilité

Le candidat à l’installation doit commencer par se poser les bonnes questions. Qu’est-ce que je cherche exactement, comment m’y prendre et pour qui ?

Ce volet fastidieux, est celui de l’étude de marché. L’agriculteur novice doit déterminer la finalité de son entreprise, en rapport avec ses moyens financiers et matériels immédiats.

Du choix de l’activité dépend l’investissement dans l’outil de production. Le matériel à acquérir pour opérer des cultures extérieures, en pleine terre, n’étant pas le même sous serre, hors sol ! Les surfaces à fertiliser, n’ont souvent rien de comparables non plus…

L’arboriculture parait en théorie plus simple mais les fruitiers, même en parfaite santé, ne donneront pas avant plusieurs années… que faire, sans revenus à côté, s’il faut rembourser des prêts bancaires ?

L’élevage d’animaux est lui aussi synonyme de sévères contraintes réglementaires. Entre l’emprise foncière nécessaire à leur bien-être, l’aménagement de bâtiments dotés de puissants systèmes de ventilation, nuisances sonores et olfactives, achat de compléments alimentaires et médicaments etc.

Le rapport investissement initial/recettes prévisibles est-il intéressant ou non ? L’anticipation a ses limites…
Et comment se passe la belle saison lors des récoltes, pour les cultures maraîchères et vendanges ? Sans renforts extérieurs, n’y songez pas.

Il existe de nombreuses associations et groupements d’entraide type coopératives, se chargeant de la diffusion et promotion des produits.

La tendance actuelle, on le sait, est au « bio ». C’est clairement le choix d’une agriculture raisonnée et responsable, car celle-ci se base sur la qualité au détriment de la quantité.

En amont le professionnel, détenteur du certificat de spécialisation correspondant, se rattrape en vendant ses produits, qu’ils soient bruts ou transformés, plus chers au consommateur…

Des concessions et sacrifices inévitables

Le néo agriculteur doit enfin adapter sa nouvelle vie aux exigences métier. Horaires à rallonge laissant peu de place à une vie familiale harmonieuse, congés et loisirs réduits à la portion congrue.
Animaux et cultures sont essentiellement en extérieur, douze mois de l’année ou presque…

Même si l’outil informatique dépanne bien, en soulageant le quotidien pour les tâches administratives et de productions faciles à planifier, ce chef d’entreprise-commerçant-comptable-mécanicien d’un genre nouveau, ne peut pas toujours organiser son temps à sa guise.

Entre les commandes et factures à gérer, l’entretien courant et réparations de machines de plus en plus complexes, telles les robots de traite, il y a de quoi se perdre en chemin !
Et le salaire démarrant aux alentours de 1 450-1 600 € mensuels, n’est pas de nature à redonner le sourire…